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Par Neldolas



Chapitre 2



Un bruit étrange me réveille… On dirait… un cri. Cri ? Que se passe-t-il ? Maintenant parfaitement réveillé, je me relève d'un bond… Pas mal… Je ne ressens plus aucune douleur sur le côté… Je me décide à regarder ma blessure, mais je ne vois rien … Rien ? Etait-ce juste le fruit de mon imagination ? Non je ne peux pas y croire… J'ai eu mal… Et je me dis que j'aurais dû regarder avant… Qu'est ce qui se passe ? Combien de temps ai-je dormi ? Je n'ai aucune notion du temps qui passe… Comment compte-t-on le temps qui passe ?

Tenaillé par la faim, je me décide à aller chercher quelque chose à manger… N'importe quoi… Me mettant à courir, plus à cause du désespoir qui m'étreint qu'à cause de la faim qui me tenaille, j'en profite pour m'orienter dans cette forêt… L'arbre sur lequel j'étais perché est au sud… Attends un peu… Comment puis-je savoir que c'est au sud ? Je n'ai aucun moyen de le savoir…

Encore une étrange sensation… Je ne sais pas que cet arbre est au sud… Je le sens… Etrange… Tout cela est vraiment étrange. Voilà que j'ai une boussole intégrée… J'espère qu'elle me permettra de sortir de cette forêt !

Alors que je suis toujours en train de courir, je sens quelque chose… Bizarre… Mes sens ne m'ont pas prévenus. Je sens… De la peur… Est-ce cela ? Oui sans doute… Je ressens une peur primaire, primitive… Pas vraiment cette angoisse qui noue mes entrailles… Me fiant à mon instinct, je me dirige à pas feutrés dans la direction de cette peur.

Je n'y vois pas grand-chose, mis à part une créature mourante, une plaie béante dans le dos. J'ai faim… Et cet animal est là, qui m'attend… Le déjeuner est-il servi ? Je tourne autour de la charogne, sentant, humant, reniflant le corps sous toutes les coutures. Mon instinct me pousse encore une fois à goûter. Je me jette littéralement sur ma proie et la dévore… Ce faisant, j'éclate en sanglots. Que suis-je obligé de faire pour survivre ? J'ai la sensation que tout cela n'est pas… normal. Mais l'excitation sauvage qui m'étreint me fait encore plus souffrir. Ce n'est pas que la perspective de manger qui me tourmente et m'excite, non… C'est le fait que je prends du plaisir à déchiqueter ce corps… Tout au fond de moi, tout cela est anormal…

" Tu te fais des idées ". Ces mots résonnent bien malgré moi dans ma tête. Des idées ? Oui, pourquoi pas ? Mais je n'arrive pas à me faire à l'idée que je sois un charognard… Pourtant je me sens incapable de chasser. Chasser ? Mais je n'ai même pas essayé ! La douleur qui avait momentanément mes esprits revient aussitôt à la charge. Je m'écroule par terre, terrassé par le doute et le désespoir. Je ne peux même pas penser à quelque chose, tout me ramène à mon malaise… Je devrai vivre avec lui, l'apprivoiser… Mais je ne le peux pas ! Qui suis-je ? Cette question retentit un millier de fois dans ma tête vide, sans défense. La puissance des mots engendre une souffrance pire encore que n'importe quelle blessure. Je souffre. Cette sensation, cette douleur… Qui la ressent. Moi ? Je ne suis pas moi. Je ne suis personne. Je suis un esprit tourmenté dans une enveloppe de désespoir, de douleur et de souffrance. Je hurle mon désespoir, hurle des appels à l'aide. En vain, bien entendu. Personne ne peut m'entendre. Pourtant, je ne peux m'arrêter. J'ai l'impression que hurler couvre le vacarme qui retentit dans ma tête et apaise ma douleur. Tombant à genoux, les larmes ravageant mon visage, je regarde autour de moi. Mes yeux, embués de larmes, ne me permettent pas de voir. Et mon esprit, tourmenté par ma douleur, ne capte aucune information. Au milieu de cette forêt, seul, abandonné, oublié, désespéré, je m'évanouis, de fatigue, de douleur… Je ne sais pas trop.


Les jours suivants se déroulent de la même façon. Bien qu'entre temps, j'ai pu me faire à cette excitation qui me prend lorsque je suis prêt à capturer ma proie. Ce n'est pas le fait de la tuer qui m'excite, mais le fait de me nourrir. Je me sens… Normal. Tous les prédateurs chassent ! Car je suis un prédateur. Je chasse, j'ai l'instinct pour cela… Mieux encore, je sens quelles vont être les réactions de mes proies… Encore cette sensation de vivre deux fois une scène… Je ne comprends rien. Il faudrait que je demande à mes proches.

Mes proches… Qui sont-ils ? Sont-ils en train de me chercher ? Ou bien sont-ils tous morts ? Suis-je le seul, ici ? Je sens une nouvelle vague de désespoir me submerger, mais j'arrête cette vague d'un mouvement de tête. Très bien. Maintenant, il me faut un moyen de sortir. Je ne pourrai jamais rencontrer quelqu'un dans une forêt comme celle là. Après avoir réfléchi sur toutes les possibilités de routes possibles, je prends la direction de l'Est. Galopant littéralement, évitant les obstacles, courant à deux voire même à quatre pattes, je n'avais qu'une seule chose en tête. Sortir… Sortir… Sortir… Ces mots me donnaient une force que je n'avais jamais imaginée. L'espoir. L'espoir de sortir de là, l'espoir de trouver quelqu'un. N'importe qui, même la pire des crapules. Une personne capable de me dire ce que je suis, qui je suis. Parce que pour moi, malgré ces journées entières tournées à me poser des questions, pour moi, malgré tous mes efforts pour me faire à cette idée, pour moi, je ne suis que cette enveloppe vide, générée par la douleur et le chagrin. La peur aussi. Cette peur ne m'a jamais quitté. Cette peur, je ne sais pas d'où elle vient. Ce n'est pas la peur de mon environnement. Non. J'ai réussi à maîtriser cette appréhension. Non c'est la peur de découvrir qui je suis, ou alors de découvrir ce que je ne suis pas… Toujours en courant, et toujours avec ces questions en tête, je m'enfonce dans la forêt luxuriante.

Un sifflement retentit au dessus de ma tête. Qu'est ce que c'est ? A peine ai-je eu le temps de lever les yeux que je me sens projeté par terre. Une créature reptilienne est face à moi, sa queue relevée prête à me frapper à nouveau. Très bien. Je laisse aller mon instinct, et me nourris du plaisir de cette excitation. Sauvage, incontrôlable… Et pourtant je désirais ardemment la sentir. Je savais, au fond de moi, que je tuerai ce lézard, peut importe sa taille impressionnante.

Poussant un cri pour l'intimider, je me jette sur le lézard. Celui-ci essaye de me faire tomber avec sa queue. Evitant la charge je me précipite tel un fauve sur ma proie. Je laisse aller mes instincts de chasseur, mes instincts… Primitifs. Si tout pouvait être aussi simple ! Ma proie se débat comme elle le peut. Mais petit à petit, mes coups de dents et de griffes ont raison de ma proie. Satisfait, excité, euphorique, je me prépare à la manger, quand un froissement de feuilles me fait me retourner. Ce que je vois me retourne l'estomac.

Ce sont les petits du lézard que j'ai tué. C'était une femelle. J'ai tué la mère de ces bébés, et ils ne sont pas en age, certainement, de chasser ou de se nourrir seuls. Qu'ai-je donc dans la tête ? J'ai pris un plaisir fou à déchiqueter mon adversaire, chaque entaille que je lui causais résonnait dans ma tête comme un cri de victoire. Une excitation naturelle, sauvage… Cela faisait sans doute partie de moi. De mon instinct. Je suis un chasseur, un traqueur, un tueur. Tueur… Suis-je vraiment cela ? Ne suis-je pas plutôt un prédateur ? Mais est ce qu'un prédateur ressent cette excitation lorsqu'il tue ?

Observant les lézards, je réfléchis. Que vais-je faire maintenant ? La question trouve très vite sa réponse. Devant les lézards interdits, je sors mes griffes, en regardant mes proies, tel le tueur admirant sa victime avant de l'occire. Je lève la main, et l'abats…